Régression du sommeil à 18 mois : la traverser avec douceur et sérénité

Sarah Mann·17 min de lecture

Ton petit trésor vient tout juste de réussir le passage de deux siestes à une seule, et les nuits s'étaient enfin calmées.

Vous vous êtes félicités tous les deux en vous disant qu'à un an et demi, le plus gros était derrière vous.

Et puis… voilà qu'elle arrive, sans prévenir : une nouvelle phase de difficultés de sommeil.

Une panne de sommeil.

Un coup de mou nocturne.

Une régression du sommeil!

« Oh là là, ce que je suis fatiguée… »

Vers 18 mois, le sommeil de beaucoup de tout-petits part à nouveau nettement à la dérive. Même les parents qui étaient passés jusque-là entre les gouttes, sans grandes difficultés de sommeil ni régressions marquées, le constatent.

Qu'est-ce qu'une régression du sommeil?

Pour se remettre en mémoire : une régression du sommeil signifie qu'un bébé ou un tout-petit fait soudainement de nets retours en arrière dans ses habitudes de sommeil :

  • le coucher devient un terrain de négociation,
  • les siestes sont sautées et/ou
  • le nombre de réveils nocturnes augmente sensiblement.

La cause en est presque toujours un grand chamboulement intérieur. Chaque régression du sommeil est en effet étroitement liée au développement mental et physique de ton enfant. C'est pour cela qu'elle revient à des âges assez précis, en même temps que certains bonds de développement.

Symptômes associés et durée de la régression des 18 mois

Les régressions du sommeil sont épuisantes, autant pour l'enfant que pour les parents. Le sommeil qui se dégrade s'accompagne « volontiers » de pleurnicheries plus fréquentes, d'un appétit qui change et d'un besoin de proximité très marqué.

C'est exactement ce qui se passe avec la régression du sommeil à 18 mois, qui dure, comme les autres, entre 2 et 6 semaines en général. La bonne nouvelle : dans la très grande majorité des cas, la tempête s'apaise vraiment ensuite, et ton enfant retrouve son calme habituel.

Si ce n'est pas le cas au-delà de six semaines, il ne s'agit probablement plus de la régression elle-même : des habitudes d'endormissement se sont installées entre-temps, et ce sont elles qu'il faut regarder de plus près.

Les grandes étapes du développement à 18 mois

Voici les étapes que ton petit trésor est en train de franchir, ou qu'il franchira dans les mois qui viennent :

  • Il développe son langage à toute vitesse et sème ses premiers mots un peu partout.
  • Il devient de plus en plus indépendant et autonome. Tu as soudain affaire à une vraie personnalité et tu découvres, un peu médusée, la force de sa volonté.
  • Les dents : les canines et les molaires arrivent. Et ces candidates-là sont d'habitude les plus pénibles de toutes.
  • L'angoisse de séparation atteint parfois son tout dernier pic vers 18 mois.
  • Le passage à une seule sieste par jour est en cours, ou vient tout juste de se terminer.

Quelles conséquences sur le comportement et le sommeil?

Ton enfant apprend à parler

À cet âge, ton tout-petit commence à développer sérieusement ses compétences langagières. (Certains enfants ne s'y mettent que plusieurs mois plus tard, l'éventail est très large.) Cela demande énormément d'énergie à son cerveau. Qui pourrait encore penser à dormir dans ces conditions?

Même si ton enfant ne sait pas encore prononcer le mot « NON », tu fais très probablement l'expérience de te retrouver face à une personnalité bien à elle. Cette petite personne a soudain une quantité surprenante d'idées personnelles sur la vie, sur le déjeuner et sur la chaussette préférée. Sans parler de l'endormissement et des nuits complètes!

régression du sommeil 18 mois — Régression du sommeil à 18 mois : la traverser avec douceur et sérénité

L'autonomie

Avec l'indépendance grandit aussi le désir de ton tout-petit de décider lui-même des choses. Chez beaucoup d'enfants, cela se traduit par des colères et des crises d'opposition. C'est une phase parfaitement normale de son développement, et tu peux souffler un grand coup : cela n'a rien à voir avec toi, avec ton comportement ni avec ton éducation.

Cette autonomie croissante a d'ailleurs de très bons côtés. Ton tout-petit apprend à manger seul, à boire au verre et à rester concentré plus longtemps sur un jeu, par exemple quand il s'agit de construire une tour.

Les nouvelles dents

À cet âge, les difficultés de sommeil sont aussi très souvent liées aux dents. Les quatre canines percent maintenant, et les molaires suivront dans les mois à venir (ou l'inverse). C'est extrêmement inconfortable et douloureux. Rien que pour cette raison, les journées et les nuits sont plus agitées. Les signes qui accompagnent : des joues rouges et gonflées, beaucoup de pleurnicheries, peu d'appétit, une salivation abondante, l'envie de mordre et de mâchouiller tout ce qui passe. La diarrhée, des fesses irritées et un peu de fièvre peuvent aussi accompagner la poussée dentaire.

Et le sommeil, dans tout ça

L'angoisse de séparation entre elle aussi en jeu. Ton tout-petit refuse peut-être de dormir en journée, le soir, ou de se rendormir la nuit, tout simplement parce qu'il ne veut pas être séparé de toi. La plupart des bébés commencent à développer cette angoisse vers 7 ou 8 mois, et le pic se situe généralement entre 10 et 18 mois.

Entre 15 et 18 mois, la plupart des tout-petits abordent aussi un nouveau territoire côté sommeil et passent de deux siestes à une seule.

Un conseil : cette transition mérite d'être accompagnée pas à pas. Allonge les temps d'éveil du matin par petits paliers de 15 à 30 minutes, propose encore la deuxième sieste les jours de grosse fatigue, et avance l'heure du coucher tant que le nouveau rythme n'est pas installé.

Pourquoi la régression des 18 mois est particulièrement rude

Toute la difficulté de la régression du sommeil à 18 mois tient à ceci : tu as maintenant affaire à un tout-petit, et non plus à un bébé. Autrement dit, le sommeil chaotique de ton petit trésor arrive en même temps que la découverte de sa propre volonté et l'esprit d'opposition qui va avec. Et ces deux ingrédients se renforcent malheureusement l'un l'autre. Ton enfant refuse de s'endormir ou se réveille plus souvent. Il est donc encore plus fatigué et plus à cran, et fait donc encore plus d'histoires au coucher suivant. Cette combinaison fait probablement de la régression des 18 mois l'une des plus rudes de votre jeune vie commune.

Tu n'as plus seulement face à toi des difficultés de sommeil, comme jusqu'à présent, mais une petite personnalité capable de refuser le sommeil en toute conscience. Elle veut désormais contrôler et avoir son mot à dire. Tu viens d'atteindre le niveau suivant de la parentalité.

Tu as peut-être déjà un enfant plus grand et tu sais donc ce qui vous attend vers 2 ans, quand la phase d'opposition se déploie pour de bon. Aussi adorable que soit ton petit trésor, tu vas constater de plus en plus souvent que sa volonté et la tienne ne coïncident pas toujours. Au contraire : ton tout-petit tient soudain énormément à imposer ses propres idées. Cela va du choix du pyjama à la découpe du pain, en passant par l'envie très nette de ne pas aller se coucher maintenant.

Stratégies de survie au quotidien

1. Fais de ton mieux et garde ton humour

Ton tout-petit va te tester, plus ou moins selon son caractère, et c'est normal. Essaie de rester posée et de bien peser les choses : est-ce que cette question-là, cette discussion-là vaut vraiment la peine d'engager un « bras de fer »? Réfléchis précisément à ce que tu veux réellement obtenir, et là, tiens bon. Pour beaucoup d'autres choses, ouvrir un front n'en vaut souvent pas la peine.

La phase d'opposition dure certes un bon moment, avec des hauts et des bas, mais parfois il s'agit vraiment de tenir une ou deux semaines difficiles, ou une seule journée de grosse fatigue, en fermant les yeux sur beaucoup de choses pour préserver la paix à la maison.

2. Une communication positive

Ton petit trésor ne parle pas encore beaucoup, mais il comprend énormément de choses. Les tout-petits ont besoin de limites et de règles auxquelles se raccrocher.

La constance leur donne de la sécurité.

Le monde et tes mots leur apparaissent alors fiables. Donne des consignes simples, des règles claires et faciles, et tiens-t'y. Les longues explications sont, à cet âge, bien trop complexes et hors de propos dans la plupart des cas.

Concentre-toi donc sur ce qui vous fait avancer et « négocie » avec des conséquences immédiates et clairement compréhensibles. Essaie de créer des conséquences positives, c'est-à-dire de renforcer positivement plutôt que négativement. Souvent, tout tient à la formulation, celle qui motive ton enfant ou au contraire le braque. « Oh, tu fais ça très bien. Encore deux cuillères et je vais chercher la glace! » est bien plus motivant que « Qu'est-ce que c'est encore que ça? Comme ça, tu n'auras pas de glace en dessert. » Avec cette seconde version, un tout-petit ne comprend pas encore le lien de cause à effet. Il ne retient que le message « pas de glace », et avant même que tu aies fini ta phrase, les grands cris sont là. Cela peut encore t'arriver avec un enfant de 3 ans.

Donc : trouve des formulations positives et motivantes. C'est ainsi que notre cerveau fonctionne. Il se concentre alors sur la récompense, « une glace », et avale le reste sans discuter.

Enfin, espérons-le.

Stratégies de survie pour le sommeil

Stratégie de survie numéro 1 : favoriser le sommeil! Ne tombe pas dans le piège de laisser ton tout-petit décider quand il va au lit, ou s'il saute la sieste aujourd'hui. Tiens bon et maintiens vos horaires et vos rituels autant que possible. (Oui, une journée peut être ratée de temps en temps, je parle de la tendance générale.)

1. L'environnement de sommeil

Veille à un bon environnement de sommeil, une chambre bien assombrie et calme, et assure-toi que ton enfant a le ventre plein, la couche propre et son doudou préféré à bord. Pendant une régression, de petits changements peuvent avoir de grands effets, malheureusement rarement dans le bon sens.

2. L'apport en calories

Assure-toi que ton enfant a bien mangé, et pas trop longtemps avant le coucher. Les bonds de développement arrivent volontiers en même temps que les pics de croissance. Fais donc particulièrement attention à un apport en calories suffisant dans la journée et, si besoin, ajoute une collation supplémentaire.

3. Des routines et des rituels stables

Suivez votre routine de journée du mieux possible. Aie en tout cas un « vrai » rituel de sieste et un « vrai » rituel du coucher pour ton petit trésor. « Vrai » veut dire : avant de dormir, toujours la même chose, à la même heure, dans le même ordre. Malgré tout, prépare-toi à un peu de chaos et à des journées et des nuits agitées. Si vous n'avez pas encore de déroulé de journée stable ni de rituel du coucher, c'est justement le moment d'en poser un : trois ou quatre étapes calmes, toujours identiques, suffisent largement.

4. La sieste n'est pas négociable

Assure-toi que ton tout-petit fait bien sa sieste. Sers-toi des aides naturelles : beaucoup de mouvement le matin, de longues promenades au grand air, une bonne session de jeu ou de défoulement pour le fatiguer. Les jours de crise, fais aussi un tour en poussette ou en voiture pour amener ton petit grognon récalcitrant à s'accorder quand même un peu de sommeil. (Fais juste attention à ce que le trajet en voiture ne devienne pas une habitude.)

Si ton enfant dort bien en journée, tu auras beaucoup moins de difficultés au moment du coucher. Certains tout-petits refusent effectivement toutes les siestes pendant cette phase, et tu es tentée de tourner définitivement la page. Ne le fais pas! La plupart des enfants ont encore besoin de leur sieste jusqu'à 3 ou 4 ans. Une sieste par jour entre clairement dans la catégorie « important » et « il faut tenir bon » évoquée plus haut.

Ton petit trésor a déjà tellement de choses à digérer et tant d'autonomie à découvrir. Ajouter par-dessus une bonne dose de fatigue accumulée, cela ne peut que mal tourner.

Continue donc absolument à lui arracher autant de sommeil que possible, même si les endormissements sont parfois disputés.

5. Rendre le coucher plus agréable

Peut-être qu'un nouveau rituel du coucher aiderait ton tout-petit à venir au lit de bon cœur? Un petit défi pour savoir qui sera au lit le premier, avec le droit de « décider » quelque chose ensuite? Deux jolis nouveaux livres du soir, parmi lesquels il peut en choisir un? Lie la récompense « regarder un livre » à une condition, pour avancer pas à pas dans la bonne direction. Par exemple, le nouveau livre ne s'ouvre que lorsque ton petit trésor est déjà dans sa gigoteuse (et dans la chambre à demi obscure). La tétine, si tu en donnes une, n'arrive qu'une fois qu'il a grimpé dans son lit. Réfléchis, de préférence avec ton partenaire et dans un moment calme (donc pas en pleine situation de stress), à des stratégies qui ont du sens pour vous faciliter le coucher. Qu'est-ce que ton tout-petit aime? À quoi réagit-il positivement? Comment arrive-t-on d'habitude à le motiver?

6. Vérifier le besoin de sommeil et l'heure du coucher

Si les débordements émotionnels reviennent régulièrement le soir, vérifie absolument le besoin de sommeil de ton petit. A-t-il peut-être besoin d'un coucher plus tôt? Est-il complètement lessivé par l'adaptation à la crèche? La crèche et l'école maternelle augmentent souvent considérablement le besoin de sommeil d'un enfant. Dans énormément de cas, un coucher plus tôt amène beaucoup de détente, un endormissement plus facile et des nuits plus calmes. Et non, les enfants ne se mettent en général pas à se réveiller plus tôt pour autant. Ils récupèrent au contraire cette demi-heure de sommeil supplémentaire dont ils ont tellement besoin pendant un bond de développement et de croissance.

7. Ne pas installer d'habitudes « intenables »

Ne crée pas d'habitudes de sommeil que tu ne pourras ou ne voudras pas tenir sur la durée. Cette régression est passagère. Essaie donc de trouver une bonne voie du milieu : donne à ton enfant autant de réassurance que possible, sans revenir à d'anciens schémas de sommeil dont vous vous étiez déjà défaits (le reprendre dans ton lit, par exemple). Si tu es en plein accompagnement du sommeil, avance peut-être un peu plus lentement, mais ne lâche pas.

Coaching du sommeil, oui ou non?

As-tu déjà essayé d'accompagner ton petit amour vers l'endormissement autonome et des nuits plus longues, avec une méthode douce?

Étiez-vous peut-être en plein milieu de ce chemin quand la régression des 18 mois vous est tombée dessus? Si rien n'y fait et que le manque de sommeil vous épuise tous, reviens à votre méthode dès que le plus dur est passé (normalement après 2 à 3 semaines), ou trouve une approche d'accompagnement du sommeil qui vous convient. Ne jette pas complètement l'éponge, tu risquerais de devoir tout reprendre de zéro ensuite.

Quand la régression des 18 mois est-elle derrière vous?

N'oublie jamais : cette phase est passagère. Une régression du sommeil dure normalement 2 à 4 semaines, dans de rares cas jusqu'à 6 semaines. Même si ton petit moineau refuse sa sieste en ce moment, ou proteste très fort au lieu d'aller au lit, cela passe vraiment. Reste patiente, affectueuse et constante, et essaie d'accompagner ton petit amour à travers cette phase du mieux que tu peux.

Le conseil éducatif le plus précieux que nous ayons reçu de familles nombreuses aux enfants plus grands, le voici : « Tout ça, ce ne sont que des phases. » Ce savoir vaut de l'or pour ne pas perdre pied dans les moments difficiles.

Tu es en plein dans la régression du sommeil des 18 mois? Comment cela se manifeste-t-il chez vous?

Je te souhaite, malgré cette phase intense, beaucoup de force, de joie et le meilleur sommeil possible,

Ta Sarah

Avec amour, Sarah

À propos de l'autrice

Sarah Mann

Maman de 7. Consultante en sommeil sensible certifiée par l'ISSC Australia. Fondatrice de La Boussole du Dodo. Elle écrit depuis dix ans sur le sommeil bébé en attachement bienveillant, parce qu'il lui a fallu des années pour trouver sa propre voie.

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